Bernard Lahure, de l’ambition pour son territoire

Originaire de la Grande Région, Bernard Lahure est un Européen accompli pour qui vivre de manière transfrontalière apparaît comme une évidence. Né en 1968 au sein d’une famille belgo-luxembourgeoise qui a migré vers la France après la 1ère guerre mondiale, il parcourt aujourd’hui encore ces trois pays dans le cadre de son travail. Bernard Lahure est en effet chef de projet d’Eco-Trans-Faire et gérant du GEIE qui coordonne les différentes actions de cette initiative. Bernard Lahure est aussi un amoureux de la terre. Son histoire le prédestinait d’ailleurs à travailler dans le monde agricole : sa famille est attachée à ce domaine depuis plus de 700 ans. Ainsi, dès sa plus tendre enfance, les jeudis – jour de congé pour les écoliers à l’époque – et les weekends, Bernard Lahure rendait visite à sa famille belge et luxembourgeoise afin de l’aider dans ses travaux agricoles. Il se souvient notamment des moments passés avec sa grand-mère dans la ferme familiale de Guirsch, petit village belge situé à la frontière luxembourgeoise. Ayant toujours baigné dans le monde agricole, c’est tout naturellement que Bernard Lahure est devenu à son tour agriculteur après ses études en droit et commerce international. Aujourd’hui encore, parallèlement au projet Eco-Trans-Faire, il élève des vaches laitières et produit du lait bio dans sa « Ferme du Petit Jannot », à Villers-la-Chèvre, en périphérie urbaine de Longwy. Un métier qui lui permet garder une vision pratico-pratique de son territoire. Car comme Bernard Lahure le souligne lui-même, « on ne peut parler de développement de territoire si on n’est pas attaché soi-même à son territoire ». L’homme à l’origine d’Eco-Trans-Faire En 2008, Bernard Lahure est...

La phase de mise en réseaux et grappes arrive à son terme

Après un peu plus de deux ans d’actions menées par les différents piliers du projet, les premiers résultats deviennent quantifiables. En effet, des grappes d’entreprises sont créés et des échanges apparaissent entre elles : les entreprises commencent à travailler ensemble, un élément essentiel pour pouvoir développer le secteur. Parallèlement, les particuliers et les maîtres d’ouvrage sont davantage sensibilisés à l’écoconstruction et à l’écorénovation. Les évolutions récurrentes ont en effet rendu complexe, notamment pour les particuliers français, l’accès aux différentes démarches et/ou dispositifs financiers. Grâce aux outils d’aide à la décision, développés par EcoTransFaire, les démarches administratives qui y sont liées sont désormais plus accessibles. En ce qui concerne les filières écomatériaux et gestion des déchets, de nombreuses avancées ont ici aussi été effectuées notamment avec les structures d’insertion. Enfin, au niveau de l’emploi et de la formation, un travail d’identification préalable des attentes et des besoins a été nécessaire afin de pouvoir aujourd’hui développer des outils et une mise en réseau des acteurs. Une nouvelle démarche sociologique Au quotidien, EcoTransFaire agit comme un facilitateur et constitue un levier de développement : il ne fait pas « à la place de » mais il permet aux entreprises de trouver les ouvriers et les matériaux dont ils ont besoin, aux commanditaires de faire appel aux bonnes personnes et d’effectuer les bons choix, aux travailleurs de se former aux bonnes techniques. Grâce aux actions menées par EcoTransFaire, les différents acteurs de l’écorénovation et de l’écoconstruction ont donc noué des liens et développé de nouvelles habitudes ; une démarche qui a pris du temps car elle touche à l’aspect sociologique des comportements, que ce soit ceux des entreprises...

Les grands enjeux du territoire transfrontalier

Plusieurs enjeux transfrontaliers, articulés autour de la qualité énergétique de l’habitat, animent les actions menées par EcoTransFaire. Le premier enjeu est étroitement lié aux techniques de construction mises en œuvre par le passé et concerne tout le périmère du projet. Ainsi, le parc immobilier bâti dans la seconde moitié du XXème siècle se révèle peu efficient du point de vue énergétique, notamment à cause des techniques de construction qui ont été utilisées à l’époque, telles que les dalles en béton ou les blocs agglomérés mis en œuvre sans isolants alors que l’énergie était peu chère. EcoTransFaire a donc souhaité mettre en place un secteur de l’écoconstruction et de l’écorénovation qui soit compétitif et performant, afin de permettre aux habitants de vivre dans des maisons énergétiquement efficaces. Trop peu de logements Ensuite, le patrimoine bâti dans le bassin transfrontalier se montre insuffisant et inadapté aux besoins de la population. La taille des logements disponibles ne correspond plus à la taille des ménages. De plus, les logements existants, même s’ils ont été construits dans la 2ème partie du XXème siècle, nécessitent déjà d’importants travaux de réhabilitation. Une charge énergétique trop importante Par ailleurs, en raison du dynamisme économique du Grand-Duché, les coûts du logement s’envolent. Ce dernier constitue une part de plus en plus importante du revenu des ménages. De plus, la population moins aisée doit alors se déplacer en milieu rural et accroitre ainsi ses coûts de transport. Parallèlement la charge énergétique des logements moins performants ajoute de la gêne et contribue à augmenter la précarité de ces populations déjà fragilisées. Même au Luxembourg, au sein des 25% de la population...