rond4v4PILIER 4 : EMPLOI & FORMATION

Former les demandeurs d’emploi à l’écorénovation pour répondre aux besoins des entreprises locales

Le Comité technique Emploi-Insertion Formation (ou CT4) du projet européen EcoTransFaire veut insérer durablement les demandeurs d’emploi dans la filière écorénovation et écoconstruction.

Le contact du Pilier 4 : Sophie Lewandowski

FORMER LES DEMANDEURS D’EMPLOI A L’ÉCORENOVATION

L’objectif de ce programme est de mettre en réseau des acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation de la région France-Belgique-Luxembourg.
A terme, une plateforme transfrontalière en écoconstruction et écorénovation verra le jour.
Pour mener à bien les objectifs poursuivis par l’initiative EcoTransFaire, le pilier « Commanditaires » coordonne les différentes actions qui concernent spécialement les donneurs d’ordres, qu’il s’agisse de particuliers ou de collectivités.
Chargée Territoriale d’Économie Solidaire au Conseil de Meurthe-et-Moselle, Sophie Lewandowski est la chef de file du pilier « Emploi et Formation » au sein du projet EcoTransFaire. Sa mission est de favoriser l’insertion des demandeurs d’emploi.
Sur base d’un diagnostic territorial réalisé en 2011, a pointé la nécessité de créer une activité économique. « La rénovation s’est imposée comme une évidence, explique la chef de file du pilier, car 78% des bâtiments ont été construits avant 1975, soit avant l’adoption des premières mesures énergétiques ».

En Wallonie, on estime à 86,6% le patrimoine immobilier construit avant 1985, date de la première réglementation thermique. La plupart des bâtiments ne sont pas assez isolés et les ménages à faibles revenus voient une importante proportion de leur budget absorbé par leur consommation énergétique.
Rien qu’en Lorraine, il faudrait rénover près de 20.000 logements par an pour solutionner cette problématique. Par ailleurs, l’adoption récente de nouvelles normes énergétiques impose des obligations de résultats dans les trois pays.

« Le marché est donc favorable pour l’écorénovation. Il y aura un impact direct pour l’environnement. Cela permettra aussi de diminuer la consommation énergétique des plus modestes et de redynamiser l’emploi », poursuit Sophie Lewandowski. D’où l’idée de favoriser l’écorénovation et l’écoconstruction comme filière économique pour booster l’emploi local.
Mais, actuellement, le profil des demandeurs d’emploi ne correspond pas au profil recherché par le secteur du bâtiment. Il faut donc former les demandeurs d’emploi au métier et en particulier à l’écoconstruction et à l’écorénovation. Un travail à mener en parallèle de celui du Comité technique chargé d’accompagner les acteurs du bâtiment à utiliser ces techniques. « On saura alors mieux accompagner les entreprises pour recruter. Comme on connaît nos entreprises, on sait aussi sur quoi axer nos formations », conclût Sophie Lewandowski.

Baudouin Massart

LES DEMANDEURS D’EMPLOI VEULENT TRAVAILLER DANS LE BATIMENT

Un premier diagnostic réalisé par EcoTransFaire a permis d’identifier les acteurs et les outils disponibles en termes d’emploi, de formation et d’insertion en Lorraine française. Il sera bientôt enrichi par les diagnostics belge et luxembourgeois. Présenté aux acteurs de l’emploi transfrontaliers le 16 janvier 2015 à Longwy, le diagnostic français est un outil indispensable pour le développement du secteur de l’écoconstruction et de l’écorénovation.
EcoTransFaire a analysé les profils des personnes qui recherchent un emploi dans le bâtiment. Il a évalué les besoins des employeurs en termes de recrutement et de formations. Un état des lieux des chantiers à venir a été réalisé. Enfin, un bilan des acteurs et des outils a été dressé, afin de voir dans quelle mesure les besoins sont rencontrés.
D’après le Pôle Emploi, 10 % des demandeurs d’emploi – soit 559 – souhaitent travailler dans le bâtiment. Parmi eux, 75 % possèdent un véhicule et 70 % déclarent être prêts à aller travailler au Luxembourg ou en Belgique. Néanmoins, 30 % n’ont aucune formation. Et c’est là que le bât blesse. Les employeurs ont des difficultés à recruter, parce que soit les demandeurs d’emploi sont peu qualifiés avec peu d’expérience, soit ils sont qualifiés avec peu d’expérience, mais restent dépendants de l’ouverture de nouveaux chantiers et des saisons du bâtiment.
Un constat également partagé par le Luxembourg, où le secteur de la construction emploie 10 % de travailleurs salariés – dont 20 % de frontaliers français et 11 % de frontaliers belges. Trois quarts des travailleurs ont un niveau de formation égal ou inférieur au diplôme d’enseignement secondaire ou professionnel.

Cette inadéquation entre l’offre et la demande fragilise le secteur du bâtiment. Pourtant, les chantiers publics à venir ne manquent pas, qu’il s’agisse de réhabilitation de logements vides ou de construction de nouveaux bâtiments. Un vaste projet franco-luxembourgeois prévoit même la construction de 8.300 logements et la réhabilitation de 500 à 800 logements. Par ailleurs, les clauses sociales obligent l’engagement de 5 % de main-d’œuvre en provenance du secteur de l’insertion. De quoi favoriser les possibilités de formation sur chantier.

De manière générale, le secteur de l’écoconstruction et de l’écorénovation reste à développer, tout comme les formations en lien avec ces nouveaux métiers.

Baudouin Massart

POUR DES FORMATIONS EN ÉCOCONSTRUCTION COMPÉTITIVES

Le programme européen EcoTransFaire planche actuellement sur un cahier des charges de formations à l’écoconstruction et l’écorénovation. Pour être efficace, cet outil de sélection est rédigé en étroite concertation avec les financeurs et les acteurs du bâtiment. L’objectif est d’adapter l’offre de formations aux besoins des entreprises.
Dans un premier temps, le Conseil  a établi un diagnostic des acteurs et les outils existants en termes d’emploi, de formation et d’insertion. Sur cette base, il a pu dresser un premier bilan des besoins en formation pour des métiers innovants dans le domaine de l’écoconstruction et de l’écorénovation. Les métiers de façadiers, de spécialistes de l’isolation thermique par l’extérieur et de spécialistes de l’étanchéité à l’air sont sortis du lot. Il ne reste plus qu’à mettre en place ces formations et à sélectionner les meilleurs acteurs en mesure de les organiser via un cahier des charges.

En Lorraine française, cette mission est confiée à Constructys, un organisme qui finance les formations des travailleurs salariés et des demandeurs d’emploi dans la construction. Pour rédiger le cahier des charges, cet acteur a pris en compte les nouvelles normes énergétiques, les enjeux locaux, les besoins des entreprises et les attentes du projet EcoTransFaire. L’objectif est de mettre sur pied une formation pré-qualifiante pour maîtriser les bases nécessaires à la formation d’ouvrier façadier itéiste (isolation thermique par l’extérieur). Destinée aux publics en insertion, cette pré-formation prévoit également l’acquisition d’un socle de connaissances spécifiques à l’écoconstruction et l’écorénovation.
A travers ce cahier des charges, Constructys veut « mettre en concurrence les organismes de formation afin de s’assurer que les prestataires auxquels il a recours sont sélectionnés sur la base de critères objectifs et transparents et que l’offre de formation achetée est qualitative et compétitive sur le plan financier ». L’offre s’adresse aux centres de formation belges, français et luxembourgeois. Ils auront pour mission d’animer la formation des demandeurs d’emploi et d’assurer leur accompagnement en insertion professionnelle.

D’autres cahiers des charges sont en cours de rédaction au Conseil régional de Lorraine pour des formations qualifiantes d’ouvriers en isolation thermique par l’extérieur et de spécialistes en étanchéité à l’air. Elles s’inscrivent dans la suite des formations pré-qualifiantes.

Baudouin Massart

ADAPTER L’OFFRE DE FORMATION AUX BESOINS DU SECTEUR

L’écoconstruction et l’écorénovation impliquent de développer des formations innovantes dans la Grande Région (F-B-GDL). Le projet européen EcoTransFaire veille à les adapter aux travailleurs et aux demandeurs d’emploi. Pour les publics en insertion, des formations pré-qualifiantes sont indispensables. Elles leur apprennent les bases des métiers du bâtiment et le savoir-être nécessaire pour bien s’intégrer en entreprise.

Pour établir une offre de formations, le pilier Insertion d’EcoTransFaire s’est appuyé sur le travail de l’Agence de développement local Tintigny-Habay, son partenaire belge en charge de l’identification des filières locales d’écomatériaux. Le croisement de ces données avec les métiers critiques du bâtiment révèle que l’écorénovation a surtout besoin de façadiers et de spécialistes de l’isolation thermique par l’extérieur (itéistes).

Des pré-requis sont toutefois nécessaires pour faciliter l’insertion des demandeurs d’emploi. La Lorraine va développer une formation non-qualifiante à l’isolation thermique par l’extérieur. L’Institut de formation sectoriel du bâtiment luxembourgeois a élargi son offre de formations aux demandeurs d’emploi et mis sur pied une formation pré-qualifiante de maçon, en partenariat avec le Forum pour l’emploi. Dans les deux cas, un travail d’insertion sociale est mené pour rendre ces personnes disponibles pour aller vers l’emploi.
Côté belge, le Forem et Wallonie-Bois sont en train d’établir un diagnostic des formations et des outils existants.

En matière de formations qualifiantes, le Conseil régional Lorraine va bientôt trancher parmi les métiers innovants identifiés dans le domaine de l’écoconstruction : spécialiste en isolation thermique par l’extérieur, spécialiste en étanchéité à l’air et façadiers. Le Forum pour l’emploi a confié la formation de ses encadrant techniques aux entreprises d’insertion le Trusquin et Les Pépinières La Gaume. De cette manière, ils seront en mesure d’encadrer les demandeurs d’emploi en formation. La Mirelux (Mission régionale pour l’emploi du Luxembourg belge) a, pour sa part, développer la méthode IOD (Intervention sur l’offre et la demande d’emploi). Sur base des besoins de l’entreprise, l’organisme d’insertion crée une fiche de poste proposer la personne qui convient. C’est une forme d’aide au recrutement.

Enfin, une troisième étape prévoit l’accompagnement des organismes de formations pour répondre efficacement aux cahiers des charges. L’offre de formations doit être adaptée à la demande, donc construite avec les financeurs et les acteurs du bâtiment. Les cahiers de charges seront ensuite imposés aux organismes de formations.

 Baudouin Massart

LES ÉCHANGES ENRICHISSENT LES BONNES PRATIQUES

Depuis 2012, le projet européen EcoTransFaire organise des visites chez les différents partenaires belges, français et luxembourgeois de la Grande Région, mais aussi auprès de structures d’insertion. En procédant ainsi, le projet a pu s’enrichir de bonnes pratiques. L’objectif, à terme, reste la mise sur pied d’une plate-forme transfrontalière des acteurs de l’insertion de l’écoconstruction et de l’écorénovation, afin de favoriser la mobilité des demandeurs d’emploi.

 « Il y a eu deux types de visites, commente Sophie Lewandoski, chef de file du pilier Insertion d’EcoTransFaire. D’une part, les visites et les échanges entre partenaires et, d’autre part, les visites de structures d’insertion exemplaires, qui n’étaient pas forcément partenaires, mais qui se sont révélées utiles. » Dans le premier cas de figure, cela a permis la formation en Belgique des encadrants techniques du Forum pour l’emploi luxembourgeois. A Marche, ils ont reçu une formation théorique sur l’écorénovation, organisée par l’Entreprise de formation par le travail, Le Trusquin. Les Pépinières La Gaume, à Tintigny, ont dispensé une formation technique. De quoi permettre aux encadrants luxembourgeois d’accompagner efficacement les demandeurs d’emploi en formation.

Quant à la visite d’entreprises d’insertion exemplaires, elle a permis de créer de nouvelles opportunités. En France, le pilier Insertion a pu apprendre comment encadrer des structures d’insertion en écorénovation auprès des entreprises Chênelet, à Landrethun-le-Nord, et d’EIMA, à Verdun. Pour la gestion des déchets de chantiers, les exemples ont été puisés chez les entreprises d’insertion Valo, à Florange, AMIE, à Verdun, et SDK, au Luxembourg.

Trois critères ont été retenus pour vérifier si ces modèles étaient utiles pour le pilier Insertion.
Le premier consiste à vérifier si le support d’activités est adéquat pour la personne : il doit être accessible en termes d’accompagnement et d’encadrement et il doit permettre au demandeur d’emploi en formation d’acquérir des compétences.
La deuxième exigence posée est la viabilité économique de l’activité par rapport au marché.
Enfin, le dernier critère concerne la faisabilité technique : le chantier doit pouvoir inclure cette activité dans son organisation.

Ces trois critères sont indispensables pour favoriser les parcours d’insertion dans le cadre de la plateforme transfrontalière.

Baudouin Massart

Depuis 2012, les partenaires du projet ECOTRANSFAIRE développent des actions avec les professionnels de l’écoconstruction et de l’écorénovation. Suivez ici nos actualités ou consultez toutes les actualités.

Il n'y a aucun événement à venir.